Pessamit représentée par une équipée père-fils à l’Expédition Premières Nations 2025
Trente-huit motoneigistes finalisent les préparatifs avant de se lancer dans une aventure de cinq jours à travers le Nitaskinan et les communautés de Wemotaci, Opitciwan et Manawan. La troisième édition de l'Expédition Premières Nations leur réserve un périple de 1000 kilomètres de hors-piste avec plusieurs nuits sous la tente.
Les participants Stéphane et Jean-François Rousselot représenteront la communauté de Pessamit. Des membres des nations mi’kmaw, atikamekw, crie, anishnabe, innue et des allochtones seront de la partie.
Depuis plusieurs semaines, père et fils se préparent à l’expédition. Le 26 février, ils prendront la route mercredi matin depuis La Tuque, en Mauricie. Le 2 mars, ils compléteront le trajet au même endroit.
Leurs motoneiges tireront des traîneaux chargés de 500 à 600 livres de nourriture, d’équipement de camping, de trousses de réparation, de vêtements de rechange, d’outils et d’essence.
Il ne faut rien oublier parce qu’on va être complètement isolés
, rappelle Stéphane Rousselot, au micro de Bonjour la Côte, lundi. Il faut alors prévoir tous les pépins possibles, selon lui.
L’homme originaire de Pessamit a pris part à l’expédition en 2024. Les participants avaient alors parcouru 3500 kilomètres, majoritairement en sentiers fédérés, et ont été hébergés dans des gymnases d’école, raconte-t-il.
Le périple sera complètement différent de celui de l'an passé
, selon lui. C'est en mode survie, en mode campement.
Par contre, on est bien encadrés
, affirme-t-il. Les Atikamekws connaissent très bien le territoire.
Une expédition pour la réconciliation
Les deux hommes se réjouissent de pouvoir vivre cette aventure ensemble.
Il ne faut pas oublier que ce périple-là, c’est pas juste une balade en motoneige. C’est un message qu’on veut passer
, rappelle Stéphane Rousselot. On est des ambassadeurs en premier lieu.
L’Expédition Premières Nations, dont la première édition a eu lieu en 2023, a été créée pour faire rayonner la réconciliation entre Autochtones et allochtones.
Je veux faire connaître le passé. Il ne faut pas l'oublier. [...] Je veux que les jeunes s'en rappellent aussi et sachent d'où on vient.
Moi-même je n’ai jamais vécu les pensionnats ou autres, mais mes parents l’ont vécu
, témoigne Stéphane Rousselot.
C'est certain que ça va être enrichissant pour tout le monde
, croit-il.
Revenir aux sources
Le choix d’organiser une expédition hors piste et sous la tente est chargé de sens, explique le fondateur et organisateur de l’événement, Christian Flamand.
Les pratiques ancestrales de vie, de chasse et de trappe sur le territoire sont devenues rares au sein de la Nation atikamekw, explique M. Flamand. C'est des choses qu'on ne voit plus aujourd'hui.

Christian Flamand est le fondateur et l'organisateur de l'Expédition Premières Nations. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Avec l’expédition, il souhaite offrir aux participants une occasion de revenir à la source
et rendre hommage aux grands-parents et prédécesseurs. Il rappelle que le volet spirituel de l’événement occupe une place importante. Les individus sont invités à se recueillir ensemble
et apprendre à se connaître
.
Déjà, l’organisateur commence à observer des retombées dans les communautés. De plus en plus, les gens commencent à retourner sur le territoire
et à se réapproprier les valeurs culturelles traditionnelles, observe-t-il.
L’objectif de l’expédition, bien qu’enraciné dans le même message de réconciliation qu’à sa première édition, est en constante évolution, indique Christian Flamand. Cette année, il désire mettre l’accent sur l’importance de porter le message jusqu’aux sphères politiques.
Ça ne doit pas être seulement nous, les participants de cet événement, qui portons le rôle d’acteurs du changement, affirme-t-il.
Avec des propos recueillis en entrevue par Mathieu Pineau
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